01/02/19 : Débat ECCLA sur les pesticides “Nous voulons des pesticides”

Stop aux pesticides à l’écoute de 2 expériences

 

Cette fois-ci, le mouvement Stop aux pesticides, dont l’emblème est le coquelicot, a délaissé la sous-préfecture, où il manifeste tous les premiers vendredis du mois, pour l’auditorium de la Médiathèque. L’association écologiste Eccla, qui porte l’initiative sur le Narbonnais, y avait organisé, vendredi, un débat avec Alain Llop, président de l’association des Jardins des cheminots et Sophie Guiraudon, vigneronne à Ribaute (Clos de l’Anhel).Après avoir rappelé l’objectif national de « 5 millions de signature » au bout de deux ans d’actions afin de demander l’interdiction de tous les pesticides, Maryse Arditi, la présidente d’Eccla, a laissé la parole aux intervenants. Objectif : « savoir comment ont fait ceux qui ont sauté le pas ».

Car Sophie Guiraudon, qui s’est installée en 2000 à Ribaute comme vigneronne, a toujours travaillé en bio et Alain Llop a engagé les Jardins des cheminots sur la piste écoresponsable.

Sophie Guiraudon a raconté son expérience. « Mon idée a été de recréer un vrai écosystème, un équilibre, dans mon vignoble, dans les sols et autour. C’est un cercle vertueux. La vigne va être en bonne santé et va mieux se défendre face aux attaques extérieures. » Et de souligner que la viticulture conventionnelle est l’une des branches agricoles qui utilise le plus de fongicide et d’herbicide. À rebours des avis communément admis par le milieu, pour Sophie Guiraudon, être en bio n’occasionne pas une lourde charge financière. « Il faut surtout passer plus de temps dans ses vignes, être très présent. » Elle espère que le mouvement bio va se généraliser. « Les conventionnels ont peur de nous. Ils savent que ça marche. Ils savent aussi ce qu’ils mettent dans leurs vignes. Ils ont peur du jour où ils devront inscrire tous les produits sur l’étiquette », remarque-t-elle.

De son côté Alain Llop a décrit les réticences des plus anciens, notamment quand le glyphosate a été interdit. « Pour eux, c’est compliqué. Ils ont vu arriver la chimie dans les années 60 comme un progrès. Il faut leur montrer que ça marche autrement, qu’il faut revenir aux pratiques des anciens. »

Ch. P.