24/10/10 : Inondations : Et si on évitait de recommencer toujours les mêmes erreurs ?

 

Un hôpital flambant neuf inondé à Carcassonne, une école inondée à Conques sur Orbiel, et ce n’est pas la première fois…

A chaque inondation les mêmes phénomènes se reproduisent. On déplore les constructions en zone inondable et, dans le pire des cas, on déplore les morts. Puis on reconstruit, le plus souvent à l’identique et … au même endroit, en attendant de déplorer la prochaine crue.

Une école, un centre de recherches, une station d’épuration, un hôpital, … ne devraient jamais être en zone inondable. Quand un PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation) ou un PPRL (Plan de Prévention des Risques Littoraux) existe, les « dents creuses » (zones non construites) en zone d’aléas forts ou moyens doivent rester inconstructibles. Les PPRI de première génération étaient très laxistes. L’urbanisation ne doit pas accroitre les risques liés aux inondations. Quand on construit une digue pour réparer les erreurs du passé et protéger les constructions existantes, inutile de céder à la tentation de construire de nouvelles maisons derrière la digue. Une digue est une bonne protection contre les crues moyennes, mais un risque accru pour des crues fortes si la digue lâche.

Evidemment il y a toujours des dérogations et, pour construire en zone inondable, des précautions particulières s’imposent. Mais là commencent les discussions de marchands de tapis. La construction doit être hors inondations jusqu’à « la crue de référence » ou la « pluie de référence ».

Mais, avec le changement climatique, la crue de référence, généralement centennale (celle qui revient en moyenne tous les 100 ans) risque de revenir beaucoup plus souvent.

De plus, des crues supérieures aux crues centennales vont de toute évidence se produire à l’avenir. Par exemple, la crue de 1999 sur la commune de Lézignan était supérieure à la crue centennale.

 

Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de la Narbonnaise et celui de Carcassonne sont en cours de révision. Dans ce cadre,  ECCLA sera particulièrement attentive au risque d’inondation sachant qu’un grand nombre de communes relevant de ces SCOT sont soumises à un PPRI  ou un PPRL, voire les deux…, approuvés.

Les communes qui n’ont pas encore de PPRI ou PPRL ne sont pas à l’abri du risque, certains PPRL ou PPRI étant à venir, d’autant que les PPRI ne prennent pas toujours en compte les risques liés aux coulées d’eau et de boue soudaines et localisées (hors crues des fleuves et des rivières).