Le 10/11/15: Daurades et pêche illégale sous le pont de la Corrège à Leucate

Cette problématique est régulièrement évoquée en Commission Locale de l’Eau de Salses-Leucate dont ECCLA est membre. Suite à de nouvelles alertes de riverains, ECCLA a contacté de nombreux acteurs (gendarmerie Maritime, Syndicat Rivage, Mairie de Leucate, …)

Vous trouverez ci-dessous les réactions dans la presse :

Articles du Midi Libre et de l’Indépendant du10/11/15

http://www.midilibre.fr/2015/11/09/leucate-ils-braconnent-sans-vergogne-les-daurades-sous-le-pont-de-la-correge,1239216.php

Le barrage de tous les trafics… et dangers

La dépêche du Midi

Publié le 10/11/2015

L’endroit est par définition dangereux. Il s’agit d’un semi-barrage en proie aux courants. Quiconque tombe peut s’y noyer. En effet, des grilles permettent aux courants, et même aux anguilles de passer. Mais un homme qui tombe peut rester collé. D’où les précautions des gendarmes. / Photos DDM

Le phénomène ne date pas d’hier. Il dure depuis les années soixante-dix et la création des stations balnéaires de Leucate et du Barcarès. Cette année, grâce à une vidéo postée par un internaute, l’opinion publique est enfin alertée.

Le barrage de la Corrège à Leucate, comme celui de Saint-Ange au Barcarès sont, chaque année, au moment de la «dévalaison» des daurades, le théâtre de braconnages scandaleux. Pour un peu, les pêcheurs locaux, les riverains, les pêcheurs de plaisance habitués des lieux ou autochtones s’y feraient… mais cette année c’est un internaute, Manuel, un Quillanais scandalisé, qui a permis, une nouvelle fois d’éveiller les consciences. Le spectacle, bien connu des locaux, est édifiant. Des dizaines de bonhommes sont sur le barrage de Leucate et y pêchent avec des moyens illégaux : à l’épuisette pour certains, à l’aide de «roumagnoles» pour d’autres (des mitraillettes d’hameçons sur un fil plombé) ou encore avec des carrelets (de grandes épuisettes plates) et sortent des poissons par kilos ! Le tout, en toute illégalité et dans un but de trafic…

En effet, le spectacle décrit pas plusieurs témoins, mais aussi par les forces de l’ordre ou encore les pêcheurs est édifiant. De jour comme de nuit, dès que le barrage est fermé, au moment même où les poissons quittent l’étang vers la mer, et se retrouvent agglutinés devant le barrage où il est interdit de pêcher, évidemment, les braconniers débarquent, bravent l’interdiction écrite en grosses lettres, arrachent à l’aide de véhicules 4X4 les palissades qui empêchent l’accès… Et c’est parti pour deux, voire trois semaines de foire d’empoigne.

PAR CAMIONS ENTIERS

Selon nos sources, nombreuses, le spectacle est édifiant. Des véhicules sont stationnés près du lieu de pêche, le barrage précisément, et des pêcheurs à la ligne ou aux moyens illégaux remplissent des comportes, des poubelles ou des sacs. Et les rotations s’enchaînent.

D’après nos informations, les poissons partent en direction de Perpignan et sont revendus soit dans les quartiers, soit chez des restaurateurs peu scrupuleux. Quand la «marchandise», car il convient d’appeler cette ressource en poisson comme telle, part sur Toulouse, c’est pour alimenter des restaurants asiatiques.

QUELLE RÉPONSE ?

Que faire face à ce phénomène ? Ce braconnage organisé, avec guetteurs, complices, transporteurs, qui va se produire lors de la sortie des loups est en place. Les forces de l’ordre, de leur côté, préfèrent, logiquement, traquer les passeurs de drogue et les go-fast autoroutiers et encore endiguer la délinquance quotidienne plutôt que de tracer la daurade de contrebande et remonter les filières et les filets pour savoir qui fait quoi. Sachant qu’il s’agit d’un délit dans tous les cas de figure.

Hier, sûrement que c’est après le buzz de la vidéo postée par un pêcheur et l’annonce de la venue de la presse, il n’y avait personne sur le barrage. C’est aussi lié au vent et aux courants, aussi.

Réunion à Narbonne

Ce jeudi, la sous-préfète de Narbonne recevra les parties prenantes dans cette histoire de barrage. Le contexte, soyons clair, ne sera pas celui de l’écologie dans la perspective de la Cop21 qui s’ouvre 21. Ce thème-là, nous y reviendrons. Mais il est plutôt celui de la sécurité des personnes. Car si l’existence même de ce barrage peut faire débat, c’est plus les troubles à l’ordre public et les dommages à l’activité des professionnels et aux loisirs des pêcheurs de loisir qui commence à faire tache.

Le chiffre : 5 euros Maximum. C’est le prix actuel du kilo de daurades sur les étals. Sur le marché parallèle, elle se vend à 1 € voire moins…