Narbonne : avant-dernier mandat et ultimes coups d’Eccla pour la présidente Maryse Arditi

Une Assemblée Générale dans la joie et la bonne humeur avec des bons petits plats qui ne font pas oublier les enjeux forts de l’avenir

 

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L’association Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois (Eccla) a tenu samedi 16 avril son assemblée générale à Narbonne. Ce fut l’occasion pour la présidente et fondatrice (en 1988) d’annoncer qu’elle passera la main dans deux ans. Pas question de se mettre prématurément en retrait ! Elle et son équipe ont du pain sur la planche avec des sujets majeurs évoqués et une vigilance intacte…

“Vous le savez, je prends de l’âge… Je préside Eccla depuis 1988, représente l’association qui est agréée depuis 1991 dans les instances consultatives… Je crois que viendra bientôt pour moi l’heure de passer la main. J’ai annoncé ce matin à l’assemblée générale que je quitterai mes fonctions dans deux ans”, explique Maryse Arditi. Elle entend profiter de sa famille, se consacrer à elle-même. “Je continuerai à suivre certains dossiers pour lesquels la relève serait difficile”, dit-elle et elle invite la centaine de membres de l’association et en particulier les plus actifs à préparer sa succession.

Celle-ci n’est pas inscrite dans l’actualité urgente, car plusieurs dossiers vont occuper les commissions d’Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois au cours des prochains mois.

Les voitures sur les plages

C’est le sujet brûlant du moment pour Eccla qui dénonce les décisions de la sous-préfecture de Narbonne concernant la circulation et le stationnement des voitures sur les plages. Selon l’association “on va rouler sur des œufs” en cette période de nidation des oiseaux. “La loi Littoral n’est respectée qu’aux deux tiers dans le département de l’Aude. C’est une exception nationale ! Et pour les deux tiers concernés, de surcroît, les engagements (fermeture des barrières et mise en place de panneaux) ne sont pas encore tenus en ce week-end pascal”, affirme Maryse Arditi. Avec le président de FNE LR (France Nature Environnement Languedoc-Roussillon), elle réclame l’application stricte de la loi et l’organisation de contrôles de police, notamment via l’OFB (office français de la biodiversité).

La LGV et les éoliennes flottantes

Voilà deux thèmes qui vont occuper l’association à moyen et long terme.
Concernant la ligne ferroviaire LGV Montpellier-Perpignan, l’association s’alarme du fait que les impacts environnementaux seront majeurs sur le secteur allant de Gruissan jusqu’à Leucate, où l’environnement est particulièrement sensible. En outre, le renoncement au Fret sur ce tronçon apparaît comme aberrant pour Maryse Arditi, tout comme la non-prise en compte du réchauffement climatique et de ses impacts sur la ligne ferroviaire qui parcourt les étangs du Narbonnais “et qui devra supporter les transports de Fret les plus lourds”.

Pour ce qui est des éoliennes flottantes au large de Gruissan et Port-La Nouvelle, Eccla regrette l’accélération du calendrier annoncée par Jean Castex lors de sa récente venue dans l’Aude. “Les retours sur les impacts concernant la faune et la flore ne seront connus que dans trois ans. Mais à cette échéance, les fermes industrielles pourraient bien être lancées”, regrette-t-elle.

“Les cinq à six années à venir seront déterminantes pour que l’environnement ne soit pas oublié”, ajoute Maryse Arditi. Comme elle l’a fait lors du débat public, via un cahier d’acteur, elle n’entend pas s’opposer à l’éolien en mer, mais appeler les opérateurs et les collectivités et l’Etat à une forme de prudence écologique.

Grossir les rangs ?

Le premier tour de la présidentielle a fait la démonstration que le parti écologiste EELV est loin de rallier les électeurs à sa cause. Il faut dire que, désormais, les enjeux environnementaux sont présents dans les programmes de quasiment tous les partis. Toutefois, les associations agréées, telles qu’Eccla, ont un rôle majeur à jouer. En raison surtout de leur indépendance.  Écologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois fonctionne sans la moindre subvention “institutionnelle” ce qui garantit son indépendance et la liberté totale de ses représentants. Avec la fin de l’ère annoncée par Maryse Arditi, il est peut-être temps de grossir les rangs, qu’il s’agisse d’adhérents particuliers comme d’associations locales (elles sont au nombre de 5 actuellement) pour envisager l’avenir et renforcer la capacité d’Eccla en termes de lobbying. Il n’en coûte que 20 € minimum par an à quiconque veut rejoindre la pacifique armée des défenseurs audois de l’environnement.

Pigeon Ramier : se barder pour contrer la chasse du prochain printemps

Concernant la chasse au pigeon ramier, plus communément appelé palombe, Eccla n’a pas une position très tranchée. L’association ne s’est pas impliquée dans le débat qui a conduit à son interdiction sûbite cette année, laquelle a généré manifestations et mobilisations des chasseurs et agriculteurs.
Maryse Arditi pense qu’il faut différencier les palombes qui ne migrent plus et sont installées à demeure dans le Lauragais notamment et celles qui “foncent” en longeant le littoral vers leurs sites de nidation.
“Nous allons travailler avec les ornithologues pour recueillir des informations en la matière et, s’il le faut, si c’est utile, nous attrairons ce dossier devant la justice, au fond ou en référé lors de la prochaine saison de chasse de cette espèce, si cela s’avère utile et indispensable pour préserver l’espèce”.

Joël Ruiz
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