L’association ECCLA s’étonne de la composition de la commission qui a révisé le projet de Charte de l’Aude et regrette que les associations de défense de l’environnement et les syndicats agricoles opposés au « tout-chimie » n’y aient pas été associés. Aucun bilan n’a donc été tiré de l’échec de la Charte de 2020 alors même que certaines des organisations non-invitées en 2022 ont suscité les arrêts pris par le Conseil Constitutionnel puis le Conseil d’Etat en 2021.
L’association ECCLA est totalement opposée aux distances de sécurité proposées, qui sont tout à fait insuffisantes pour protéger les riverains. La distance de 20 m incompréhensible proposée pour les produits les plus toxiques est totalement dérisoire notamment en cas de vent. Les distances proposées pour les autres produits (10 m et 5 m selon les usages) sont scandaleusement courtes. L’association ECCLA rappelle, en outre, que dans l’Aude l’utilisation frauduleuse de produits hyper-toxiques interdits en France et ramenés d’Espagne est avérée.
L’association ECCLA rappelle que l’Aude est l’un des départements français les plus consommateurs d’herbicides et de pesticides, essentiellement dans le vignoble et dans la zone céréalière. La qualité de l’air y est dégradée comme l’ont montré de récentes mesures d’Atmo-Occitanie qui a identifié 27 pesticides dans l’air ambiant sur 5 sites agricoles et viticoles audois. La qualité de l’eau potable, des eaux souterraines et de surface, est régulièrement affectée par le dépassement des normes comme en attestent les cartes de la qualité des masses d’eau publiées par l’Agence de l’Eau RMC. En conséquence toute réduction de la consommation de phytosanitaires toxiques sera bénéfique pour la santé des populations et des écosystèmes.
L’association ECCLA s’indigne de l’inconsistance des mesures d’évitement et d’information préalable proposées pour les riverains lors des épandages en limite de propriété, à l’inverse de ce qui est proposé dans d’autres départements. Elle juge les mesures d’évitement inapplicables et l’information préalable proposées pour les riverains beaucoup trop vague. Elle s’étonne qu’aucun zonage fiable détaillant les niveaux de risques par région agricole, culture, produit phytosanitaire, saison et type de vent ne soit établi.
Enfin l’association ECCLA espère que la Préfecture de l’Aude saura se détacher de l’emprise qu’exerce sur elle les milieux et syndicats agricoles favorables au « tout-chimie » et adoptera une position courageuse conforme à l’intérêt de la population, et en premier lieu à l’intérêt des riverains et des travailleurs agricoles.
Menu