L’association ECCLA (Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois), agréée pour la protection de l’Environnement et adhérente de la fédération FNE (France Nature Environnement), a participé à la réunion d’information du 21 décembre 2005 à l’Ifremer et vient de porter ses observations à l’enquête publique en cours.

Ce projet d’élevage intensif de thons en mer, déjà refusé au large de la Corse et de PACA, nous inquiète à plus d’un titre :

  1. Proximité de la réserve naturelle marine de Banyuls, du site protégé de Paulilles et des plages de la Côte Vermeille.
  2. Contrairement à l’aquaculture, où les poissons se reproduisent en captivité, cette ferme d’engraissement serait approvisionnée en thons capturés à l’état sauvage portant ainsi atteinte au stock naturel.
  3. Prélèvement important sur la ressource en petits poissons pour la nourriture ” poissons-fourrage ” : 2400 tonnes pour 200 tonnes de thons rouges.
  4. Nuisances liées à l’exploitation du fait des déjections des thons (équivalents à une ville de 10 000 habitants et non traitées), de leur saignée, des transports, etc.
  5. Risques sanitaires, tant pour les thons que pour les autres espèces de poissons et les consommateurs humains, liés à la promiscuité des thons et à l’introduction éventuelle de poissons malades.

Tous ces problèmes et bien d’autres ne nous semblent pas correctement pris en compte dans le dossier soumis à l’enquête. Ainsi, l’étude des courants – qui risquent de rabattre les pollutions sur la côte et les plages – est tout à fait partielle, la profondeur du site serait insuffisante pour une exploitation correcte de l’élevage, la capacité de production est limite pour assurer une rentabilité économique durable….

Il y a donc un véritable arsenal d’arguments, pour refuser ce projet et ECCLA se félicite que les associations, tant locales que nationales, fassent entendre leurs voix.

Mais, nous demandons fermement aux élus de ne pas se laisser éblouir par la création de quelques emplois ; si les risques pour l’environnement leur sont souvent indifférents, qu’ils pensent quand même aux risques pour le tourisme et ses emplois, et qu’ils n’oublient pas l’aventure d’un élevage de moules sur ce site qui avait su toucher des subventions avant de… disparaître !

Narbonne, le 12 janvier 2006

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