N’ayant pas été invitée à participer aux réunions sur l’élaboration des SRCAE ou des SRE, elle souhaite poser quelques questions préliminaires – qui ont probablement eu des réponses lors des discussions du groupe – sur l’élaboration finale et le statut du SRE.

Questions

1/ Doit-il y avoir une enquête publique pour valider in fine le schéma éolien ? Si oui, en est-il de même pour le SCRAE ?

2/ Les zones définies comme ” propices ” laissent de grands espaces considérés comme défavorables, voire très défavorables. Dans ces espaces, qu’est-ce qui est considéré comme interdit :

  • les projets soumis à autorisation au sens de la législation ICPE
  • Toutes les éoliennes, même individuelles entre 12 et 30 m de hauteur, si elle souhaite bénéficier de l’obligation d’achat
  • Les éoliennes, même individuelle, qui ne demande pas le rachat du courant, mais qui demande le raccordement au réseau.
  • Toutes les éoliennes, même en dessous de 12m

3/ Si la réponse précédente ne donne pas une interdiction absolue, pourrait-on compléter les cartes en mettant les zones d’interdiction absolue, en précisant la législation sur ces périmètres.

4/ Une clarification sur les ZDE : quand on donne la puissance installée sur une ZDE dont la capacité n’est pas épuisée, s’agit-il seulement des parcs raccordés ou cela inclut-il les parcs en chantier ou encore ceux qui ont eu leur permis (purgés ou non des recours).

Avis sur le schéma au niveau régional

ECCLA reconnait que la région est à la fois une des plus ventées de France et, simultanément, une des plus riches en biodiversité, particulièrement du côté oiseaux. Ceci rend l’exercice particulièrement difficile dans notre région.

ECCLA reconnaît qu’un effort a été fait pour que des citoyens intéressés puissent comprendre ce schéma, sans avoir besoin d’être un spécialiste pointu des chiroptères.

La valeur de 1500 MW retenue pour 2020 nous semble cohérente avec les propositions du Grenelle : 19.000 MW terrestre, sachant qu’il existe des régions fortement urbanisées ou des régions très peu ventées ou il est plus difficile de mettre des éoliennes.

Cependant, ECCLA doute de la possibilité de réaliser les 1.500 MW à l’horizon 2020 pour plusieurs raisons

  • Les zones dites ” propices ” ont encore énormément de contraintes. La possibilité d’arriver à installer des ZDE va être difficile
  • Les couches de contraintes réglementaires (SRE + ZDE + ICPE + tout ce qu’il y avait déjà avant) rend de plus en plus difficile l’aboutissement positif des projets
  • En d’autres termes, ECCLA pense que ce schéma est un affichage qui interdit de vastes zones du territoire, sans garantir la possibilité que les zones résiduelles soient vraiment utilisables.

En ce sens , il n’est pas sûr que le parti pris de réduire les surfaces propices soit le meilleur.

Pour ECCLA, l’aspect biodiversité vivante est prioritaire face à l’aspect paysager. La notion de co-visibilité est une notion ” fourre-tout ” en ce qui concerne les éoliennes car chacun peut considérer qu’elles sont vues de 5 km ou 10 km ou 20 km selon la limpidité du ciel. Aussi, sur des points de vue qui englobent de très vastes panorama, quelques éoliennes perdues au fond du paysage peuvent être mises en cause pour cet aspect. Sachant que les éoliennes sont réversibles et qu’elles peuvent être démontées sans laisser de traces visibles à la fin de leur vie, ECCLA ne souhaite pas que la défense du paysage soit instrumentalisée pour réduire encore les emplacements possibles. ECCLA se pose des questions sur la quasi totalité des Pyrénées Orientales en orange pour des raisons paysagères.

ECCLA souhaite que l’introduction qui évoque ” 350 MW raccordés fin 2008 ” soit mise à jour au moins pour fin 2010, voire fin juin 2011.

ECCLA s’interroge sur la très faible contribution de la Lozère, pour seulement 100MW alors que la zone retenue fait autour de 1000 km2. Pour une zone de plus petite surface dans l’Aude, il est prévu près de 160 MW. Et de plus, dans le Nord de la Lozère, il y a peu de zones vraiment rouge sur les divers critères. Bien sur le vent est un peu moins fort, mais la rentabilité n’est pas tout. ECCLA propose de passer à 200 ou 300 MW pour la Lozère.

Enfin, ECCLA constate que, malgré une extension des vents pris en compte, jusqu’à 4m/s, l’objectif se situe en dessous du niveau médian retenu les années précédentes.

Avis sur la partie audoise du schéma

ECCLA considère qu’une valeur autour de 500 MW à l’horizon 2020 est un objectif raisonnable, mais il faudra une forte motivation pour qu’il soit atteint.

Sur les zones retenues dans l’Aude :

La zone A1

Elle semble de taille raisonnable,(un peu plus de 600 km2) mais les contraintes sont considérables. Rien qu’un cercle de 10 km pour protéger les chauves souris représente 300 km2. Dans ces conditions, il semble à ECCLA qu’il faudrait un zoom sur cette zone pour clarifier les zones et pour vérifier qu’il reste vraiment du territoire. Peut-être que la puissance à installer est trop importante.

La zone A2

ne pose aucun problème

Les zones A3, A4 et la partie de P1

Ces zones ne doivent plus être touchées. La notion d’optimisation est floue. Aujourd’hui, avec les critères actuels, ces zones se seraient plus considérées comme ” propices “

La zone A5

assez peu de problèmes, la puissance à installer pourrait être augmentée.

La zone A6

Très petite, seulement 100 km2, il est signalé 3 périmètres de 10 km pour les chauves souris, soit 1.000 km2, s’ils ne se recouvrent pas…

20 MW c’est seulement un parc, mais reste-t-il une surface pour seulement un parc. A vérifier pour ne pas faire des effets d’affichage.

Enfin un regret : peu de citoyens savent que ce schéma est en cours d’élaboration et son acceptation passe aussi par l’information,en particulier une information en amont.

Maryse Arditi

Présidente d’ECCLA

avec la collaboration de Jean Luc Thibault


Maryse Arditi

Présidente d’ECCLA

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