Narbonne, le 2 décembre 2012

Sur les hypothèses générales

ECCLA est radicalement opposée à la proposition du SRCAE de ne pas tenir facteur 4 à l’horizon 2050. En effet, le SRCAE propose seulement une réduction de la consommation d’énergie d’un facteur 2 par habitant à l’horizon 2050 et comme il considère que l’accroissement de la population va se poursuivre au même rythme, du coup la réduction de la consommation totale d’énergie à l’horizon 2050 n’est même pas un facteur 2. Ces choix absolument structurels sont inacceptables.

Le temps n’est plus à prévoir l’avenir en prolongeant les courbes du passé, surtout pour l’horizon à moyen terme (2050). Le choix national est un facteur 4 pour les gaz à effet de serre, ce qui signifie une réduction drastique des consommations en particulier de fossiles. Il faut donc réfléchir à un avenir à construire ensemble dans cette direction

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Le SRCAE doit être revu sur ce point

Par ailleurs, le SRCAE propose de faire plus d’énergies renouvelables pour compenser son manque de réduction des consommations. Même si ECCLA est très favorable aux développement des ENR dans leur ensemble, elle est encore infiniment plus favorable à la réduction des consommations qui doit rester la priorité absolue.

Cette seconde proposition est également inacceptable en ce qu’elle donne la priorité à la production plutôt qu’aux économies d’énergie. De plus passer de 12% de la consommation finale produit par des ENR en 2010 à 32% en 2020 est complètement irréaliste surtout pour l’éolien (multiplié par 6 en moins de 8 ans)

Sur les orientations

N°1 : sur l’eau : les propositions vont dans le bon sens, mais attention à l’irrigation. Commencer aussi à réfléchir à des productions moins gourmandes en eau, surtout l’été (éviter le maïs)

N°2 : sur l’urbanisme : d’accord pour un urbanisme économe en espace, ce qui signifie privilégier le collectif sur l’individuel et dans l’individuel, réduire la taille des parcelles (ce qui réduit aussi la consommations d’eau). Cependant, les personnes qui arrivent sont plutôt demandeuses de grandes parcelles et c’est justement sur cet argument qu’on ” vend ” la région.

N°3 : sur les transports de personnes : d’accord avec les propositions. Quels moyens pour les mettre réellement en œuvre à grande échelle ?

N°4 : transport de marchandises : ce qui est prévu est une augmentation générale : attractivité des ports, développement du fluvial…ce qui suppose des augmentations de flux de marchandises ; on attend vainement une réduction du fret routier.

Un point important : le report modal du routier vers le ferré. Il se joue aujourd’hui avec la LGV qui représente un enjeu majeur pour le fret. La solution mixte est en voie d’être abandonnée pour maintenir coûte que coûte la vitesse à 350km/h. Et les élus audois sont particulièrement sur cette option.

Depuis le débat public, ECCLA demande absolument la version 220km/h pour les voyageurs et le fret. Sinon la solution ne verra pas le jour (7 milliards pour 40 TGV à 350km/h par jour)

N°5 : sur les bâtiments : d’accord avec les propositions dont une part sera bientôt obligatoire par les réglementations en cours (RT12012 et directive européenne sur l’efficacité énergétique. C’est de toute façon la priorité pour aller vers une réduction significative des consommations.

N°6 : sur les ENR : La priorité absolue doit être donné au solaire thermique dont l’efficacité énergétique est très supérieure à celle du photovoltaïque (3 à 5 fois plus). Le SRCAE ne semble pas en faire une priorité.

N°7 : transition énergétique et climatique. D’accord sur les propositions, mais il est urgent de réfléchir à un autre tourisme d’hiver à la montagne car les canons à neige vont atteindre rapidement leur limite.

N°8 : santé et précarité : d’accord

N°9 à 12 : que de bonnes intentions, mais pour demander des choses aux citoyens, il faudrait parfois leur donner vraiment la parole et les entendre. On espère que le débat national sur l’énergie qui doit se décliner dans toutes les régions va permettre un vrai dialogue au sein de toute la société.

Schéma régional éolien

Trois remarques essentielles :

1/ Les 6000 GWh de production à l’horizon 2020 représente une multiplication par 6 de la production, soit une puissance installée multipliée par 6, et le nombre d’éolienne multiplié environ par 3 selon la puissance des éoliennes. Cet objectif est irréaliste, surtout dans l’espace de 8 ans, avec l’état de la règlementation actuelle, la plus stricte du monde et l’absence d’éolien en mer.

2/ Par ailleurs, la situation actuelle où l’Aude représente 60% de la puissance installée (dont une grande part sur le littoral déjà saturé) dans la région ne peut être poursuivie dans l’avenir. Les éoliennes futures doivent être mieux réparties sur le territoire de la région.

3/ le schéma est complètement incompréhensible :

90% du territoire est dans la même couleur (enjeux jugés forts)
Il reste environ 5% du territoire en rouge ( très forts, exclu pour raisons réglementaires )
et 5% en vert (enjeux jugés moyens ou faibles)
Après quoi

une seule commune est jugée défavorable au sens de décret
dans les autres jugés favorables, il y a 2 listes : les communes propices et les communes à enjeux rédhibitoires. On a donc des communes favorables à enjeux rédhibitoires ????
Enfin une dernière cause d’incompréhension : certains territoires en rouge où les installations sont exclues sont dans des communes favorables !!!!!!

On comprend pourquoi beaucoup se sont abstenus ou ont votés contre le SRCAE car la partie éolienne est radicalement incompréhensible et inutilisable en l’état.

Pour ECCLA : Jean Luc Thibault et Maryse Arditi

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