29/08 : Phytosanitaires, contribution d’ECCLA concernant le projet d’arrêté préfectoral

Contribution  d’ECCLA concernant le projet d’arrêté préfectoral de réglementation des épandages de phytosanitaires autour des sites sensibles.

Les phytosanitaires ont fait parler d’eux cette année avec l’échec complet du plan Phyto 2018 qui devait réduire la consommation de phytosanitaires de 50% à l’horizon 2018  ou encore plus localement avec la pollution des eaux narbonnaises et de quelques autres communes audoises dans la montagne noire, eau du robinet chargée d’atrazine au-delà des limites légales, ce qui a demandé une dérogation.

Mais c’est surtout l’émission « Cash investigation » qui a mis en exergue la consommation française (3ème pays au monde derrière les USA et le Japon) et ses impacts sur les enfants des écoles situées au milieu des vignes.

 

Le Préfet de l’Aude nous propose un arrêté pour réglementer les épandages de phytosanitaires autour des sites sensibles : écoles, crèches, centres de loisirs, hôpitaux, maison de santé… En gros il y a deux catégories : tout ce qui relève de la présence des enfants et tout ce qui relève du secteur sanitaire avec des personnes dont la santé n’est pas au mieux.

Ce projet d’arrêté a été mis en ligne du 4 août au 29 août avec possibilité de donner son avis. ECCLA a détecté le projet le 29 août et a décidé d’envoyer un avis dans la foulée.

 

Pour ECCLA, le plus simple serait évidement d’interdire ces épandages sur une certaine distance autour de ces sites et d’inciter à passer en agriculture biologique les zones trop proches des sites sensibles le plus rapidement possible. Puisque la France doit réduire sa consommation, autant commencer par les zones qui peuvent avoir un impact sanitaires sur les enfants ou sur les personnes dont la santé est précaire.

ECCLA conteste cet arrêté dès la première phrase : « L’application de produits phytopharmaceutiques par pulvérisation à proximité des lieux et établissements accueillant des personnes vulnérables…  est possible dans le respect de la réglementation en vigueur en dehors des horaires sensibles. »

Il en résulte des contorsions pour définir ce qu’est la proximité  (5m ? 20m ? 50m ?…) selon la culture, mais aussi selon le type d’appareil utilisé pour épandre les produits (plus ou moins directionnel). Mais il faut aussi définir les horaires sensibles pour les lieux occupés par des enfants, car pour le secteur sanitaire, il n’y a pas d’horaires sensibles vu que les personnes y sont en permanence.

Mais le plus étonnant, c’est qu’il n’y a pas un mot sur le vent ! L’Aude est tout de même un territoire très venté et, si les agriculteurs évitent les jours de très grands vents, ce n’est pas forcément toujours le cas pour les vents moyens ou quand ils ont du retard pour traiter. On a tous vu des agriculteurs en train de traiter avec des nuages de produits qui se baladent partout.

Donc pour améliorer ce texte qui est vraiment limite, il faut au moins :

  • interdire de traiter à partir d’une certaine vitesse de vent,
  • faire une vraie campagne d’encouragement au passage à l’agriculture biologique de tous ces espaces agricoles proches des lieux sensibles,
  • définir la proximité comme au moins 100m.

La Présidente d’ECCLA

Maryse ARDITI

Narbonne, le 29/08/16