Une opposition de toujours

Toutes les associations de protection de l’environnement s’opposent depuis longtemps aux courses de 4×4 et autres rallyes inutiles et polluants. Mais le Paris Dakar est plus encore dans la ligne de mire vu son côté scandaleux par rapport à une Afrique considérée comme terrain de jeux pour gens fortunés des pays riches. Rappelons que le Dakar inscrit à son palmarès une cinquantaine de morts dont beaucoup d’enfants africains.

En janvier 2003, notre ami Jean Louis Silvestre s’est élevé contre la participation financière de la mairie de Narbonne à la venue du Dakar.

Le Paris Dakar en plein site classé

Vers septembre 2003, on apprend que le Paris Dakar pourrait faire une étape spéciale dans le massif classé de Fonfroide. Le propriétaire est d’accord pour se faire un coup de publmicité à la télévision. ECCLA se mobilise, alerte la presse, écrit à la DIREN, au Préfet, se met en rapport avec les spécialistes de France Nature Environnement sur l’aspect juridique des courses de 4×4, découvre à cette occasion que le décret prévu par la loi de 1992 sur les véhicules motorisés dans les espaces naturels n’a jamais paru. Au fil des semaines et des articles de journaux, le danger se précise et ECCLA saisit la Ministre, sans plus de succès, car la déferlante Dakar avance inexorablement.

ECCLA se prépare à déférer au Tribunal Administratif la décision du Préfet d’autoriser la spéciale dans le site de Fontfroide. Encore faut-il que la décision soit prise et rendue publique. Finalement, la décision préfectorale est prise le 22 décembre et rendue publique le 29 à 12h.

Un référé le 31 décembre à 14h

Commence alors une course contre la montre pour faire un recours juridique, un référé suspension, prévenir le Tribunal, faire le dossier dans la journée et la nuit, le déposer à Montpellier le matin dès 9h en insistant sur l’urgence (la course a lieu le 2 janvier) et, miracle, nous obtenons que le référé soit jugé le 31 décembre à 14h !!!

De l’après-midi du mardi 30 décembre au lendemain, ECCLA est prise d’assaut par toutes les télévisions nationales. Osez s’attaquer au Dakar !!! Finalement, le juge accepte de considérer notre requête recevable (le Conseil d’Administration avait été réuni téléphoniquement), mais évidemment, considère qu’il est trop tard pour arrêter une telle armada, 569 autos, motos et camions. Comme nous l’avons écrit : ” le pot de terre a perdu contre les pots d’échappement “. Malgré tout, cela aura donné un vrai coup de phare négatif sur cette course. D’ailleurs le Paris Dakar a dû renoncer à son escale à Millau.

Une spéciale embourbée

Mais la pluie va réussir là où ECCLA a échoué ! Il a plu dans la nuit et les voitures vont s’embourber dans les chemins de terre et dans la boue, obligeant l’organisateur à annuler la spéciale.

A la suite, ECCLA va monter avec l’aide de Jean Louis Silvestre une association Tam Tam Dak’out avec un unique objectif : sortir le Dakar de Narbonne et de la France.

Un demi-échec juridique

Finalement, deux ans plus tard, ECCLA perdra l’affaire au fond, mais exclusivement sur une histoire de procédure. En effet, entre temps, ECCLA avait retrouvé un arrêté préfectoral de 1986 interdisant les courses motorisées dans les espaces classés. Ce document rendait le jugement quasi certain en notre faveur. Les juges ont donc botté en touche en considérant que notre requête n’était pas recevable car le CA ne s’était pas réuni physiquement !!! Exactement le contraire du jugement référé. Mais nous conservons précieusement l’arrêté de 1986 !

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